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QUELQUES MOTS SUR LA BRETAGNE
UN NEBEUD GERIOÙ DIWAR-BENN BREIZH


Me ' zo ganet e-kreiz ar mor
Teir lev er-maez,
Un tiig gwenn du-hont am eus,
Ar banal a gresk e-tal an nor.

(Yann-Bêr Kalloc'h, 1914)

Quéven / Kewenn (56)

La mer, le granit, la forêt, la lande, il n'est pas nécessaire de décrire les beautés de la Bretagne car elles sont connues bien au-delà des océans ... et du Couesnon. Le végétal et le minéral y ont une personnalité comme nulle part ailleurs, à l'image de la musique et de la langue.

La Bretagne est multiple:
- Basse-Bretagne et Haute-Bretagne,
- Armor et Argoat, la mer et la forêt,
- Granit et sable, les deux extrêmes,
- Grand fleuve au sud, la Loire armoricaine, et rivières partout,
- Îles et continent, selon que la mer vous entoure complètement ou seulement sur trois côtés,
- Abers et pics granitiques,
- Ardoise et goémon,
- Cidre et vigne,
- Ciel et mer qui se confondent en un horizon commun.

Au fait, savez-vous dire "horizon" en breton? On dit "Dremmwel", ce qui signifie à peu près "ligne tranchante dans ce que l'on voit". Mais "horizontal" se dit "a-blaen", venant du mot "plaen" qui désigne un sol uni bien plat. Drôle de langue que ce français qui utilise un nom d'une grande profondeur poétique (horizon) pour générer un adjectif désignant ce qui est plat (horizontal) !


Puisque nous avons parlé du ciel, voici ce que nous dit la Bible au chapitre 21 du livre de l'Apocalypse, au sujet de la Nouvelle Jérusalem, la cité céleste qui va venir pour servir de lieu de résidence à ceux qui aiment Jésus-Christ:

"Et il me montra la grande ville, la Jérusalem sainte, qui descendait du ciel d'auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu. Son éclat était semblable à celui d'une pierre très précieuse, d'une pierre de jaspe tirant sur du cristal. ... La muraille était construite en jaspe, et la ville en or pur, semblable à du verre pur. Les fondements de la muraille de la ville étaient ornés de toutes sortes de pierres précieuses: le premier fondement était de jaspe, le deuxième de saphir, le troisième de calcédoine, le quatrième d'émeraude, le cinquième de sardonyx, le sixième de sardoine, le septième de chrysolithe, le huitième de béryl, le neuvième de topaze, le dixième de chrysoprase, le onzième d'hyacinthe, le douzième d'améthyste. Les douze portes étaient douze perles. Chaque porte était d'une seule perle et la place de la ville était d'or pur, semblable à du verre transparent." (Apocalypse chapitre 21, versets 10-11 et 18 à 21)

La beauté de ce texte ne peut que nous inciter à en communiquer la version bretonne:

"Hag e tiskouezas din ar gêr vras, ar Jeruzalem santel, a ziskenne eus an neñv, eus kichen Doue, gant gloar Doue ganti. He sked a oa heñvel ouzh hini ur maen prizius-meurbet, ouzh ur maen-yalp evel strinket. ... Ar voger a oa mañsonet gant maen-yalp, hag ar gêr gant aour glan, heñvel ouzh gwer glan. Diazezoù moger ar gêr a oa kinklet gant pep seurt mein prizius. Ar c'hentañ diazez a oa a yalp, an eil a safir, an trede a galkedonia, ar pevare a emrodez, ar pempvet a sardoniks, ar c'hwec'hvet a agatenn-ruz ar seizhvet a grizolit, an eizhvet a veril, an navet a dopaz, an dekvet a grizopraz, an unnekvet a zirkon, an daouzekvet, a ametist. An daouzek dor a oa daouzek perlezenn. Pep dor a oa eus ur berlezenn hepken, hag al leurgêr a oa en aour glan, heñvel ouzh gwer treuzwelus." (Diskuliadur pennad 21, gwerzadoù 10-11 ha 18 da 21)

A la lecture de ces paroles, ne trouvez-vous pas que la Bretagne est un peu un avant-goût de la Jérusalem céleste?

Hag ar vrezhonegerien da lavarout "Ya, en ur lenn an destenn-mañ, e kaver en deus Doue stummet Breizh evel ur rakvlaz bihan eus ar Jeruzalem neñvel."

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LANGUE BRETONNE ET CHRISTIANISME

Quelques mots sur la relation entre la langue bretonne et le christianisme. Trop souvent, nous oublions que le breton est historiquement LA langue des chrétiens par excellence. L'imagerie populaire étant souvent erronée, la simple évocation de la Bretagne conduit beaucoup de gens mal informés à associer mégalithes, druides et langue bretonne, alors que les trois n'ont rien à voir entre eux.

Les mégalithes (dolmens et menhirs) ont été construits à une époque éloignée, pré-celtique, bien antérieure à l'introduction de la langue et de la culture gauloise en Armorique. Les historiens considèrent généralement qu'ils ont été édifiés à une période qui se situe entre 2500 et 1500 ans avant Jésus-Christ. La civilisation qui les a construits n'était donc pas celtique, et n'avait absolument rien de gaulois ni de breton.

La langue gauloise, donc la première culture celtique, a été introduite en Armorique vers le 5ème siècle avant Jésus-Christ. Les druides faisaient partie de la société gauloise. Les Gaulois ont intégré dans leur paysage culturel et religieux la présence des mégalithes, et les druides ont vraisemblablement utilisé à diverses fins les dolmens et les menhirs qu'ils ont trouvés, mais ils n'en sont pas les constructeurs. La bonne nouvelle du Salut en Jésus-Christ a été annoncée pour la première fois en Armorique vers la fin du 3ème siècle, c'est à dire au moins 7 siècles après l'arrivée des Gaulois. A cette époque-là, les Armoricains, comme les autres Gaulois, étaient devenus largement romanisés sur le plan culturel et linguistique. La langue latine avait commencé à évoluer et à se fragmenter, et l'on entendait parler en Armorique une langue que l'on appellera par commodité le bas-latin armoricain, à l'origine du gallo d'aujourd'hui. Il est vrai que devaient subsister quelques zones où le gaulois était encore utilisé, mais ces foyers étaient marginalisés et en voie d'extinction. Le christianisme a pénétré lentement en Armorique gallo-romaine aux 4ème et 5ème siècles, et pendant longtemps, christianisme et paganisme ont cohabité.

Pendant ce temps, la population celtique bretonne qui habitait sur le territoire appelé "Ile de Bretagne" (aujourd'hui la Grande-Bretagne) recevait avec joie et enthousiasme l'Evangile, si bien qu'au 4ème siècle, l'ensemble des Bretons (de Grande-Bretagne) étaient chrétiens. Nous savons que les premières immigrations de Bretons de Grande-Bretagne vers l'Armorique ont commencé au 4ème siècle, sous la pression des Pictes et des Scots, puis les transferts de populations se sont intensifiés du 5ème au 7ème siècle sous la pression des Angles et des Saxons. Ce sont ces immigrants chrétiens qui ont re-celtisé l'Armorique en important la langue bretonne. Pendant une longue période, il s'est donc trouvé en Armorique deux populations qui ont mis plusieurs siècles à fusionner:
- Une population gallo-romaine, parlant le bas-latin armoricain, mi-païenne, mi-chrétienne, plus dense dans l'est et le sud; la partie chrétienne de cette population a commencé à structurer l'Eglise armoricaine selon le modèle gallo-romain, avec un clergé séculier et une grande autorité de l'évêque.
- Une population venant de Grande Bretagne, parlant le breton, entièrement chrétienne, prédominante d'abord dans l'ouest et le nord; au 9ème siècle elle finit par occuper un territoire allant jusqu'aux portes de Rennes et de Nantes; son Eglise était structurée selon un modèle spécifique, différent du modèle gallo-romain: la vie s'organisait autour des monastères, véritables lieux de rayonnement spirituel et culturel.

La partie Ouest de l'Armorique a pris rapidement le nom de Petite Bretagne, puis simplement de Bretagne. Le message de l'Evangile a donc été porté en bonne partie par une population de langue bretonne, entièrement chrétienne, qui a conduit avec succès l'évangélisation de la fraction restée païenne de la population parlant le bas-latin armoricain.

Merci de nous avoir lu jusque là. Nous avons souhaité exposer très synthétiquement le rôle crucial de la population bretonnante dans l'évangélisation de la Bretagne, et l'importance de la place du breton dans la manifestation de la gloire de Jésus-Christ. Oui le breton EST la langue des chrétiens par excellence.

 

La Bible en Anjou et Bretagne
Ar Bibl en Anjev hag e Breizh

(Société Biblique d'Anjou)